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Catégorie : Métaphore

La bonne heure !

La bonne heure !

Pour rester avec notre petit poisson (cf. métaphore : L’aquarium ou l’océan), je vous propose ce texte de Christiane Singer, extrait de son livre « N’oublie pas les chevaux écumants du passé ». J’ai lu ce livre il y a quelques années, j’avais relevé déjà ce passage, mais il ne me parlait pas autant qu’il peut le faire aujourd’hui. C’est pourquoi je souhaite le partager avec vous et vous invite à vous laisser flotter au rythme de ces mots, au rythme des vagues qui vous traversent, pour simplement laisser émerger ce qui est là, au plus profond de vous.

Le jeune poisson de la légende hindoue qui demande « Où est la mer ? Tout le monde en parle et je ne l’ai jamais vue » nous offre la clé de la révélation. Si je cesse de demander « Où est le bonheur ? », c’est par un semblable effet de renversement métaphysique : j’ai compris que j’y nageais, non pas compris avec l’intellect mais avec les écailles et les nageoires. J’ai compris que la bonne heure est chaque heure et que d’aucune heure on ne peut dire qu’elle n’est pas la bonne. « J’étais dans un trou… mais cela n’a pas d’importance, les tours ou les bosses ! L’amour peut faire sa joie de tout ! »

[…]

Ainsi, aujourd’hui où la mélancolie me tient depuis l’aube, je sais que je vis un(e) bon(ne) heur(e) de mélancolie. Comme je pourrais vivre aussi un(e) bon(ne) heur(e) d’agrément ou même un(e) bon(ne) heur(e) de maladie ou de deuil. C’est un(e) bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi.

Je ne la laisse pas à l’abandon. Je sais que, laissée à elle-même, elle garderait ce ton gris des matériaux de construction oubliés sur un chantier et pèserait des tonnes. C’est l’accueil que je lui fais qui la transforme.

C’est mon accueil qui en fait un(e) bon(ne) heur(e). Un(e) bon(ne) heur(e) de mélancolie. La transformation ne peut commencer que là où j’acquiesce. Comment dis-tu ? Je t’ai mal compris ? C’est de bonheur que je dois te parler, pas d’une heure de mélancolie.

Laisse-nous encore dériver. Nous ne sommes pas encore assez égarés. La poursuite du bonheur est dérisoire.

Voilà le poisson en quête de la mer : « Avez-vous vu la mer ? » Il est émouvant. Dérisoire et émouvant. Il nage comme un fou, de plus en plus vite, de plus en plus loin.

« Avez-vous vu la mer ? » Il la cherche au milieu de récifs de corail, dans les taillis d’algues violettes, dans les gouffres bleus, dans les fonds glauques. Il va là où personne encore n’est allé.

« Avez-vous vu la mer ? » Jusqu’à l’instant où, à l’entrée d’une grotte, une pieuvre bienveillante vient à son secours.

« Ne cherche plus ! Tu y es ! »

Ce dénouement n’est-il pas la pire épreuve ? Est-il message plus dégrisant que cette petite phrase : « Tu y es » ?

Jamais tu n’y as pas été, jamais tu n’en seras plus proche que tu ne l’as toujours été ! Jamais plus proche qu’en chaque instant de ta vie passée et à venir…

Mais alors, comment as-tu (comment ai-je) pu fabriquer tant de malheur, tant d’éloignement, d’égarement, de dérèglement, d’errance, de criante solitude ?

Ne peut-elle rendre fou, cette révélation que cela qui est là en permanence et en abondance autour de moi est cela même qui me manquait si cruellement, qui me paraissait si impossible à rejoindre ?

Et si la mer est vraiment ce qui est là partout, ce dans quoi je nage depuis le début, il n’y aura donc pas de rencontre, pas de face-à-face, pas d’enlacement, pas de corps à corps.

Nul ne sera en mesure de s’emparer d’elle, d’en faire son glorieux butin. Il n’y aura plus de héros, plus de Prométhée voleur de feu !

Elle est ! Voilà tout. Je ne l’aurai donc jamais. Jamais elle ne m’appartiendra. La vielle pieuvre ajoute : « Ne sois pas déçu, jeune poisson ! Elle t’enveloppe en cet instant. Sens sa voluptueuse caresse le long de ton corps fusiforme, de tes ouïes, de tes branchies, à chaque battement de tes nageoires, à chaque palpitation de tes barbillons… »

A-t-il entendu ?

Voilà. Chaque heure est la bon(ne) heur(e).

Même ta toute dernière. Tant que tu attendras qu’il t’arrive bonheur et que ce bonheur se tienne devant toi avec ses cadeaux et ses oripeaux, tu n’entendras ni le vent dans les branches dehors ni en toi le souffle lent qui te visite, inspir… expir… : son vrai langage et sa petite musique.

la bonne heure

 

 

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Métaphore : L’aquarium ou l’océan

Métaphore : L’aquarium ou l’océan

En parcourant les métaphores que je récolte ici et là, je viens de relire celle-ci, qui est belle d’enseignements, c’est pourquoi je souhaite la partager avec vous. J’ignore qui en est l’auteur.
 

L’aquarium ou l’océan

Il y a quelques semaines, j’ai demandé à mon poisson rouge quel était son vœu le plus cher. Il me répondit, les yeux brillants, qu’il rêvait d’explorer les fonds marins en toute liberté. Il n’y a jamais mis le pied – ou plutôt, la nageoire ! – mais il a lu des livres sur le sujet et, depuis, il ne pense qu’à l’océan. Quelque peu amer, il ne se gêna pas pour dénigrer les faux coraux et la petite maisonnette en résine que je lui avais offerts en guise de décor. Il ne manqua pas de préciser, aussi, que le vacarme produit par le purificateur d’eau troublait son sommeil. Bref, sans entrer dans les détails, je peux vous assurer qu’il en avait gros sur le cœur.

Vibrante de compassion, je décidai de lui faire une offre : «Bubble, lui dis-je tendrement, je vais t’aider à réaliser ton rêve. Voici mon plan : je vais t’emmener avec moi sur la côte Australienne, nous irons là où les coraux sont reconnus pour être les plus beaux et, une fois sur place, je te redonnerai ta liberté. Tu pourras enfin explorer les fonds marins à ta guise !». Enthousiaste et fière de mon coup, j’attendis sa réaction.

Silence. Silence total.

Après cinq lourdes secondes, croyez-le ou non, il se mit à nager vigoureusement vers la petite maisonnette qu’il venait tout juste de dénigrer, pour ensuite s’y cacher ! Je pouvais l’entendre débiter ses inquiétudes, pris de panique. Plusieurs mots étaient inaudibles, mais j’ai pu décoder: « Et si l’océan s’évaporait?… Est-ce qu’ils ont un purificateur d’eau, là-bas ?… Si l’eau devenait stagnante, je pourrais mourir intoxiqué, non ?… Où vais-je dormir ?… Qui va me nourrir ?…». Je vous épargne son monologue au sujet des requins ; je crois que vous avez saisi l’idée.

l'aquarium ou l'océan

Je vous laisse interpréter cette métaphore à votre guise et belle journée à vous…
 

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Jouer avec les métaphores

Jouer avec les métaphores

Aujourd’hui, je voudrais vous inviter à jouer avec les métaphores pour trouver des solutions face aux difficultés ou impasses que vous pouvez rencontrer.

Nous allons procéder par étapes successives que je vous propose de suivre avec un petit souci que vous rencontrez actuellement. (Pour prendre connaissance de la démarche, il est préférable de ne pas commencer directement avec gros problème.)

Les étapes :

  • Pensez à votre problème et retrouvez l’émotion qui est liée à celui-ci. Ressentez cette émotion du mieux possible.
  • Puis laissez venir le plus spontanément possible l’image ou la scène, quand vous vous dites :

« Quand je suis dans cette situation ou quand j’éprouve cette difficulté, c’est comme si… ou ça ressemble à… »

  • Restez attentif et voyez ce qui émerge. Accueillez ce qui vient naturellement à vous et laissez la métaphore se préciser.
    Ex : Quand je me sens mal, je me sens comme ce chien couché en boule, maigre et fatigué.
  • Pénétrez complètement dans cette métaphore en oubliant la réalité. Notez tous les aspects visuels, auditifs, olfactifs, gustatifs et kinesthésiques relatifs à votre métaphore.
    Ex : Je vois les buissons qui m’entourent, je sens l’humus du sol, j’entends le vent dans les feuillages. Je vois la nuit approcher et j’ai froid.
  • Imaginez ce que vous souhaiteriez en restant bien sûr dans votre histoire.
    Ex : J’ai besoin de me reposer. J’aimerais sentir les rayons du soleil sur mon pelage, pour me réchauffer.
  • Envisagez les ressources nécessaires pour atteindre cet état.
    Ex : J’aperçois un coin à l’abri, juste à côté, avec une vieille couverture, je me glisse dedans et tranquillement, je vais m’endormir. Demain le jour viendra et le soleil sera là, ce n’est pas la première nuit que je passe.
  • Jouez avec tous ces éléments pour créer votre propre histoire, en laissant votre imagination vagabonder comme bon vous semble afin d’atteindre un dénouement satisfaisant et réconfortant. Veillez à ce qu’il ne reste aucun malaise dans votre scénario.
    Ex : Je m’endors et au réveil, j’aperçois les rayons du soleil.  Je me sens léger. Léger, comme des ailes de papillon… Je suis un papillon ! J’étends mes ailes et je m’envole paisiblement dans le grand ciel bleu.
  • Prenez le temps de savourer ce bien-être qui accompagne la fin heureuse de votre métaphore.
  • Puis tranquillement, revenez au monde qui vous entoure.
  • Et faites confiance à votre inconscient. Vous observerez, ensuite dans votre vie quotidienne, comment de nouvelles solutions se présentent à vous, de façon naturelle.

 métaphore

Important :

Pour une réelle efficacité, il est important de respecter les deux conditions suivantes :

  • Faire émerger les images ou le scénario depuis l’émotion liée à votre problème.
  • Pénétrer complètement dans la métaphore, dans l’imaginaire en laissant toute votre créativité s’exprimer librement.

Je vous souhaite de belles métaphores et si vous avez envie de partager votre expérience… merci à vous.

 

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Observer avec un nouveau regard

Observer avec un nouveau regard

Un nouveau regard :

Voici une petite histoire que j’ai trouvée dans mes mails cette semaine et que j’ai envie de partager avec vous :

La maison enchanteresse

Philémon, un ami du grand orateur Démosthène, l’aborde sur la place du marché et lui demande :

« Maître, je veux vendre ma maison, tu la connais si bien pour l’avoir fréquentée lors de mes banquets. Pourrais-tu écrire une belle annonce que je laisserai à la vue de tous sur l’agora ? »

Démosthène prit une tablette de cire, un stylet et se mit à écrire :

« Je vends une propriété enchanteresse, où chantent les oiseaux dès que pointe l’aube, où le vent agite les feuilles des oliviers, où une eau de source cristalline coule en abondance, où le patio baigné par le soleil naissant du matin offre au soir une ombre tranquille. »

Des mois plus tard, Démosthène rencontre son ami et lui demande s’il a vendu sa propriété.

« Ah, non ! Je n’y pense même plus, lui répond-il. Quand j’ai lu ton annonce, j’ai compris quel trésor je tenais là et j’ai renoncé à m’en séparer. »

Observons ce qui nous entoure avec un regard nouveau, pénétrant comme si nous regardions pour la première fois, juste en ouvrant tout grand les yeux… Il est possible de découvrir des merveilles dans notre entourage, dans ce qui fait notre vie de tous les jours, simplement en changeant notre regard et en étant pleinement dans le moment présent.

Bel émerveillement à vous !
 
nouveau regard
 

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Un chemin de vie

Un chemin de vie

En cherchant parmi toutes les métaphores que j’ai glanées ici et là, je viens de retomber sur ce texte que j’ai envie de partager avec vous aujourd’hui. Malheureusement je ne sais pas d’où elle vient et qui en est l’auteur et je m’excuse donc de ne pouvoir citer cet auteur que je remercie pour son beau texte.

Chemin pour être humain

Un corps t’a été donné. Tu peux l’aimer ou le détester, mais ce sera le tien pour toute la durée de cette vie.

Tu vas apprendre des leçons. Tu es inscrit(e) dans une école informelle à plein temps appelée « Vie ». Chaque jour tu auras l’occasion d’apprendre des leçons dans cette école. Tu pourras aimer les leçons, ou penser qu’elles sont idiotes ou sans pertinence.

II n’y a pas de fautes, seulement des leçons. La croissance est un processus d’essai et d’erreur, d’expérimentation. Les expériences « ratées » font tout autant partie du processus que celles qui réussissent.

Une leçon sera répétée jusqu’à ce qu’elle soit apprise. Une leçon te sera présentée sous diverses formes, jusqu’à ce que tu l’apprennes. Quand tu l’auras apprise, tu pourras passer à la leçon suivante.

Apprendre des leçons ne finit jamais. Il n’y a pas de partie de « Vie » qui ne contienne de leçon. Si tu es en vie, il y a des leçons à apprendre.

Ailleurs n’est pas meilleur qu' »ici ». Quand ton « ailleurs » est devenu « ici », tu obtiens à nouveau un autre « ailleurs » qui à son tour te semblera meilleur qu' »ici ».

Les autres sont essentiellement des miroirs de toi-même. Tu ne peux aimer ou détester quelque chose chez autrui que si ce quelque chose reflète une chose que tu aimes ou que tu détestes en toi.

Ce que tu fais de ta « Vie » dépend de toi. Tu as tous les outils, toutes les ressources dont tu as besoin. Ce que tu en fais dépend de toi. Le choix t’appartient.

Tes réponses sont en toi. Les réponses aux questions de la « Vie » sont en toi. Tout ce qu’il te faut, c’est regarder, écouter et faire confiance.

A mesure que tu t’ouvres à cette confiance, tu te souviendras de plus en plus de tout ceci.

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Bonne méditation ! A bientôt.

 

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Métaphore : L’homme et le papillon

Métaphore : L’homme et le papillon

Lors de ma dernière balade en montagne, j’ai pu découvrir une profusion de papillons, c’est pourquoi aujourd’hui, j’ai envie de vous proposer cette petite métaphore :

L’homme et le papillon

Un jour, apparut un petit trou dans un cocon.

Un homme, qui passait par hasard, s’arrêta de longues heures et observa le papillon qui s’efforçait de sortir par ce petit trou.

Après un long moment, c’était comme si le papillon avait abandonné, et le trou demeurait toujours aussi petit.

On aurait pu croire qu’il avait fait tout ce qu’il pouvait et qu’il n’était plus en mesure de fournir le moindre effort.

Alors l’homme décida d’aider le papillon : il prit un canif et ouvrit le cocon. Le papillon sortit aussitôt. Mais son corps était maigre et engourdi. Ses ailes semblaient peu développées et bougeaient à peine.

L’homme continua à l’observer, pensant que, d’un moment à l’autre, les ailes du papillon s’ouvriraient et seraient capables de supporter son corps pour qu’il prenne son envol. Mais il n’en fut rien !
Les ailes du papillon ne furent jamais assez vigoureuses pour le faire s’élever. Il passa le reste de son existence au sol et ne fut jamais en mesure de voler.

Ce que l’homme avec son geste de gentillesse et sa bonne intention ne comprenait pas, c’est que le passage par le trou étroit du cocon était l’effort nécessaire pour que le papillon puisse transmettre l’énergie de son corps à ses ailes, afin qu’il puisse s’envoler. C’était l’effort que le destin l’obligeait à accomplir pour pouvoir grandir et se développer.

Parfois, ces efforts que l’on nous demande sont exactement ce dont nous avons besoin dans notre vie. Si le destin nous permettait de vivre sans jamais rencontrer d’obstacles, nous serions limités. Nous ne pourrions pas être aussi forts que nous le sommes. Nous ne pourrions jamais voler.

Vis la vie sans peur, affronte tous les obstacles et démontre que tu peux les surmonter !

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Une belle occasion pendant ces vacances de prendre le temps de méditer sur cette petite histoire !
 

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Métaphore sur le moment présent

Métaphore sur le moment présent

Afin de revenir une nouvelle fois sur le moment présent, je vous propose aujourd’hui une métaphore : « Les trois questions de l’empereur » (d’après Tolstoï).

Un jour, il apparut à un empereur que si seulement il connaissait la réponse aux trois questions suivantes, rien ne le ferait jamais s’écarter du droit chemin :

  • Quel est le meilleur moment pour chaque chose ?
  • Quelles sont les plus importantes personnes avec lesquelles travailler ?
  • Quelle est la plus importante chose à faire à tout moment ?

L’empereur annonça que quiconque pourrait répondre aux trois questions recevrait une grosse récompense. Les réponses furent multiples. En réponse à la première question, quelqu’un suggéra à l’empereur d’établir un emploi du temps complet et les tâches à accomplir pour faire chaque chose au bon moment. Un autre rétorqua que l’empereur devait mettre de côté toutes les distractions inutiles et qu’il devait rester attentif à toutes choses afin de savoir quand et comment agir. Pour un autre il était important de nommer un Conseil des Sages et d’agir selon leurs recommandations.
Un autre encore dit qu’il lui était possible d’interroger les devins et les magiciens.

Les réponses à la seconde question divergeaient aussi beaucoup. Selon les uns ou les autres il devait faire confiance à ses ministres, aux prêtres ou aux moines, aux médecins ou même aux militaires.
A la troisième question, à nouveau des réponses très variées furent proposées. Certains affirmèrent que la science était la plus importante des recherches, d’autres insistèrent sur la religion et d’autres encore sur l’art militaire. L’empereur ne fut satisfait par aucune des réponses données, et la récompense ne fut pas attribuée.

Après plusieurs nuits de réflexion, le souverain décida de rendre visite à un sage vivant dans la montagne. C’est ainsi que le souverain se déguisa en pauvre paysan et demanda à son escorte de l’attendre au pied de la montagne pendant qu’il partait seul à la recherche de l’ermite. En atteignant sa demeure, l’empereur l’aperçut en train de bêcher le jardin devant sa hutte. À la vue de l’étranger, l’ermite salua de la tête et continua à bêcher. C’était un labeur apparemment très pénible pour lui car il était vieux. L’empereur s’approcha de lui et dit : « J’ai trois questions auxquelles j’aimerais que vous m’aidiez à répondre :

  • Quel est le meilleur moment pour chaque chose ?
  • Quelles sont les plus importantes personnes avec lesquelles travailler ?
  • Quelle est la plus importante, chose à faire à tout moment ? »

L’ermite écouta attentivement, puis se remit à bêcher. Le monarque dit alors : « Vous devez être fatigué. Laissez moi vous aider. » Le vieil homme le remercia, lui tendit la bêche et s’assit par terre pour se reposer.
Après avoir bêché deux plates bandes, l’empereur s’arrêta, se tourna vers l’ermite et lui répéta ses trois questions. De nouveau, le vieil homme ne lui répondit pas. L’empereur continua à retourner la terre. Une heure passa, puis deux. Finalement le soleil se cacha derrière la montagne. Le souverain posa la bêche et dit à l’ermite : « Écoutez, je suis venu ici vous demander si vous pouviez répondre à mes trois questions. Mais si vous n’êtes pas en mesure de le faire, dites le moi afin que je puisse rentrer chez moi. »

L’ermite leva la tête et demanda à l’empereur : « N’entendez vous pas quelqu’un qui court dans notre direction?  » L’empereur tourna la tête et vit un homme avec une longue barbe blanche surgir des bois. Il courait de manière désordonnée, les deux mains pressant une blessure sanglante qu’il avait au ventre. L’homme courut vers le souverain avant de s’écrouler sur le sol. Il gémissait. En ouvrant sa chemise, l’empereur et l’ermite découvrirent une profonde plaie. Le monarque nettoya complètement la blessure, puis il utilisa sa propre chemise pour le panser. La nuit arrivait, aussi l’ermite aida l’empereur à porter l’homme dans la hutte ou ils l’allongèrent sur le lit. Là, il ferma les yeux et s’assoupit paisiblement. Le souverain, épuisé par sa longue journée, s’endormit aussi.

Quand il se réveilla, le soleil était déjà haut au dessus des montagnes. Il regarda vers le lit et vit l’homme blessé. Lorsque celui ci aperçut l’empereur, il le fixa attentivement du regard et dit dans un murmure à peine perceptible : « S’il vous plaît, pardonnez moi. »
« Mais qu’avez vous donc fait qui mérite d’être pardonné ? », demanda le souverain.
« Vous ne me connaissez pas, votre Majesté, mais moi je vous connais. J’étais votre ennemi et j’avais fait le vœu de me venger car lors de la dernière guerre, vous avez tué mon frère. Quand j’ai appris que vous veniez seul sur cette montagne, j’ai décidé de monter un guet-apens et de vous tuer. Mais je suis tombé sur les gardes de votre escorte qui m’ont reconnu et m’ont blessé. Heureusement, j’ai réussi à prendre la fuite et à courir jusqu’ici. Si je ne vous avais pas rencontré, je serais certainement mort à l’heure qu’il est. J’avais l’intention de vous tuer et au lieu de cela, vous m’avez sauvé la vie ! J’éprouve une grande honte, mais aussi une reconnaissance infinie. Je vous en supplie, Majesté, accordez moi votre pardon ! »

L’empereur était comblé de joie de voir avec quelle facilité il s’était réconcilié avec un ennemi. Non seulement il lui pardonna, mais de plus il lui fit envoyer son propre médecin et ses serviteurs pour s’occuper de lui jusqu’à sa guérison complète.

Le souverain désirait poser une dernière fois les trois questions au vieil homme avant de retourner à son palais. Il trouva l’ermite en train de semer des graines dans les plates bandes bêchées la veille.
Le vieil homme se leva et le regarda. « Mais vous avez déjà la réponse à ces questions. »
« Comment cela ? », dit l’empereur intrigué.
« Hier, si vous n’aviez pas eu pitié de mon âge et ne m’aviez aidé à retourner la terre, vous auriez été attaqué par cet homme à votre retour. Par conséquent, le moment le plus important était le temps passé à bêcher le jardin, la personne la plus importante était moi même, et la chose la plus importante était de m’aider. Plus tard, lorsque l’homme blessé est arrivé, le moment le plus important était celui que vous avez passé à soigner la plaie, car si vous ne l’aviez pas fait, il serait mort et vous auriez raté l’occasion de vous réconcilier avec un ennemi. De la même façon, il était la personne la plus importante, et soigner la blessure était la tâche la plus importante. Rappelez vous qu’il n’existe qu’un seul moment important, c’est maintenant. Cet instant présent est le seul moment sur lequel nous pouvons exercer notre maîtrise. La plus importante personne est toujours la personne avec qui vous êtes, celle qui est en face de vous, car qui sait si vous aurez affaire à quelqu’un d’autre dans le futur ? La tâche la plus importante est de rendre heureuse la personne qui est à vos côtés, car cela seul est la recherche de la vie ».

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« Pense à ce jour »

« Pense à ce jour »

Pour aujourd’hui, je vous invite à laisser voguer en vous ce poème dont j’ignore qui est l’auteur, tiré du livre « Le voyage du Héros » de Robert Dilts et Stephen Gilligan :

Pense à ce jour
Pense à ce jour, car il est la vie,
la vie même de la vie.
Dans sa course brève réside toute la vérité de l’existence,
la joie de la croissance,
la splendeur de la beauté,
la gloire de l’action.
Car hier n’est plus qu’un souvenir,
et demain seulement une vision.
Mais chaque jour bien vécu
fait de chaque hier un souvenir de bonheur
et de chaque demain une vision d’espoir.
A cause de cela, pense à ce jour !

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Cela peut être aussi un beau sujet de méditation.

Belle journée à vous !

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Métaphore : le porteur d’eau indien

Métaphore : le porteur d’eau indien

Pour terminer momentanément avec la confiance en soi,  je vous propose aujourd’hui, une histoire que je trouve très belle : Le porteur d’eau indien

Un porteur d’eau indien avait deux grandes jarres, suspendues aux deux extrémités d’une pièce de bois qui épousait la forme de ses épaules.
L’une des jarres avait un éclat, et, alors que l’autre jarre conservait parfaitement toute son eau de source jusqu’à la maison du maître, l’autre jarre perdait presque la moitié de sa précieuse cargaison en cours de route.
Cela dura deux ans, pendant lesquels, chaque jour, le porteur d’eau ne livrait qu’une jarre et demi d’eau à chacun de ses voyages.
Bien sûr, la jarre parfaite était fière d’elle, puisqu’elle parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille. Mais la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait déprimée
parce qu’elle ne parvenait à accomplir que la moitié de ce dont elle était censée être capable.
Au bout de deux ans de ce qu’elle considérait comme un échec permanent, la jarre endommagée s’adressa au porteur d’eau, au moment où celui-ci la remplissait à la source :

  • Je me sens coupable, et je te prie de m’excuser.
  • Pourquoi ? demanda le porteur d’eau. De quoi as-tu honte ?
  • Je n’ai réussi qu’à porter la moitié de ma cargaison d’eau à notre maître, pendant ces deux ans, à cause de cet éclat qui fait fuir l’eau. Par ma faute, tu fais tous ces efforts, et, à la fin, tu ne livres à notre maître que la moitié de l’eau. Tu n’obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts, lui dit la jarre abîmée.

Le porteur d’eau fut touché par cette confession, et, plein de compassion, répondit :

  • Pendant que nous retournons à la maison du maître, je veux que tu regardes les fleurs magnifiques qu’il y a au bord du chemin.

Au fur et à mesure de leur montée sur le chemin, au long de la colline, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs baignées de soleil sur les bords du chemin, et cela lui mit du baume au cœur.
Mais à la fin du parcours, elle se sentait toujours aussi mal parce qu’elle avait encore perdu la moitié de son eau.
Le porteur d’eau dit à la jarre :

  • T’es-tu rendu compte qu’il n’y avait de belles fleurs que de TON côté, et presque aucune du côté de la jarre parfaite? C’est parce que j’ai toujours su que tu perdais de l’eau, et j’en ai tiré parti. J’ai planté des semences de fleurs de ton coté du chemin, et, chaque jour, tu les as arrosées tout au long du chemin. Pendant deux ans, j’ai pu grâce à toi cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais je n’aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses.

 

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L’amour est comme un oiseau

L’amour est comme un oiseau

Un très beau texte d’Osho que je viens de découvrir au hasard de mes recherches,  je souhaite le partager ici :

L’amour est comme un oiseau libre d’aller partout, le ciel tout entier est sa liberté. Vous pouvez attraper l’oiseau, vous pouvez le mettre dans une belle cage dorée, et l’on pourrait penser que c’est le même oiseau que celui qui volait en liberté et qui avait le ciel tout à lui. Ce n’est le même oiseau qu’en apparence, ce n’est pas lui, vous l’avez tué. Vous lui avez coupé les ailes. Vous lui avez pris son ciel. Et les oiseaux se fichent de votre or : aussi précieuse soit-elle, votre cage est une prison.

Et c’est ce que nous faisons de notre amour : nous fabriquons des cages dorées. Nous avons peur, parce que le ciel est immense, peur que l’oiseau ne revienne pas. Pour le tenir sous contrôle, nous devons l’emprisonner. C’est ainsi que l’amour devient mariage.

L’amour est un oiseau qui vole : le mariage est un oiseau dans une cage dorée. Et l’oiseau, à coup sûr, ne pourra jamais vous pardonner. Vous avez détruit toute sa beauté, toute sa joie, toute sa liberté

Les amoureux ont toujours peur. Ils ont peur parce que l’amour vient comme la brise. Vous ne pouvez le créer, ce n’est pas quelque chose que l’on fabrique – il vient. Mais tout ce qui vient de lui-même peut aussi repartir de lui-même ; c’est un corollaire naturel. L’amour vient, et les fleurs s’épanouissent en vous, les chansons vous montent dans le cœur, l’envie de danser… mais avec une peur cachée. Que se passera-t-il si cette brise qui vous est venue, fraîche et parfumée, vous quitte demain ?… Car l’existence ne se limite pas à vous. Et la brise n’est qu’une invitée : elle restera chez vous aussi longtemps qu’elle en aura envie, et elle pourra partir d’un moment à l’autre.

Ceci crée une peur chez les gens, et ils deviennent possessifs.

On devrait s’aimer, aimer intensément, aimer totalement, et ne pas se soucier du lendemain. Si l’existence a été si merveilleuse aujourd’hui, faites-lui confiance : demain elle sera encore plus belle et plus merveilleuse. A mesure que grandit votre confiance, l’existence se montre de plus en plus généreuse à votre égard. Elle déversera plus d’amour sur vous. Elle fera pleuvoir sur vous encore plus de fleurs de joie et d’extase.

Aimez intensément, totalement, et vous ne penserez jamais à créer d’asservissement, de contrat. Vous ne penserez jamais à rendre quelqu’un dépendant. Si vous aimez, vous ne serez jamais cruel au point de détruire la liberté de l’autre. Vous l’aiderez, vous élargirez son ciel.

C’est le seul critère de l’amour : il donne la liberté, et il donne inconditionnellement.

oiseau-libre

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