Une autre attitude

Une autre attitude

Une autre attitude

J’ai envie aujourd’hui de partager avec vous une histoire vraie que j’ai lu récemment dans le livre de Jack Kornfield « Après l’extase, la lessive » et qui m’a profondément émue.

Il s’agit d’un éducateur qui s’est occupé d’un centre de jeunes délinquants, dont la plupart avaient commis des meurtres, qui rapportent ces faits :

Un garçon de quatorze ans avait utilisé une arme à feu et tué un adolescent innocent, simplement pour faire ses preuves vis-à-vis de sa bande. Au procès, la mère de la victime demeura assise, impassible et silencieuse jusqu’au verdict. Quand le jeune fut reconnu coupable du meurtre, elle se leva lentement et, fixant le garçon, elle déclara : « Je vais te tuer. » Le jeune assassin fut ensuite emmené dans une institution pour mineurs où il devait passer plusieurs années.

Au bout de six mois, la mère de la victime rendit visite au meurtrier. Celui-ci, ayant vécu dans la rue avant ce crime, n’avait eu aucun autre visiteur. Ils parlèrent pendant un certain temps et, lorsqu’elle partit, elle lui donna un peu d’argent pour ses cigarettes. Puis, petit à petit, elle commença à venir le voir plus régulièrement, en lui apportant de la nourriture et de petits cadeaux. Vers la fin des trois années d’emprisonnement, elle lui demanda ce qu’il comptait faire lorsqu’il sortirait. C’était très confus et vague et elle lui proposa donc de l’aider en lui trouvant un travail dans la société d’un ami. Puis elle lui demanda où il pensait vivre et, comme il n’avait pas de famille, elle lui offrit d’utiliser la chambre vide de sa maison.

Il y vécut pendant huit mois, mangeant ce qu’elle cuisinait et travaillant dans cette entreprise. Un soir, elle l’appela dans le salon pour lui parler. Elle s’assit en face de lui et marqua une pause.

« Tu te souviens, commença-t-elle, au tribunal, quand j’ai dit que j’allais te tuer ?

– Bien sûr, répondit-il, je n’oublierai jamais cet instant.

– Eh bien, dit-elle, c’est ce que j’ai fait ! Je ne voulais pas que le garçon qui avait tué sans raison mon fils reste vivant sur cette terre. Je voulais qu’il meure. C’est pour cela que j’ai commencé à te rendre visite et à t’apporter des affaires. C’est pour cal que je t’ai trouvé un travail et que je t’ai laissé vivre ici dans ma maison. C’est comme cela que j’ai commencé à te changer. Ce garçon a maintenant disparu. Aujourd’hui, puisque mon fils est parti, puisque son assassin est parti aussi, je veux te proposer de rester ici. Tu as une chambre et je souhaiterais t’adopter si tu le veux bien.  »

Elle devint ainsi la mère du meurtrier de son fils, la mère qu’il n’avait jamais eue.
 
une autre attitude

 

Pour suivre les articles de ce blog, je vous invite à vous inscrire à la newsletter :

 
 


 
 

Une réaction au sujet de « Une autre attitude »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *