L’EMDR ou le traitement du stress post-traumatique

L’EMDR ou le traitement du stress post-traumatique

Qu’est-ce que l’EMDR ?

L’EMDR ou Eyes Movement Desensitization and Reprocessing (intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires) a été conçu à la fin des années 80 par Francine Shapiro, psychologue américaine, membre de l’école de Palo Alto.

L’objectif de l’EMDR est d’obtenir une réduction de la charge négative du souvenir de l’événement traumatisant.

L’idée de départ de l’EMDR consiste dans le fait qu’il existe en chacun de nous un mécanisme de digestion des traumatismes émotionnels. Tout comme l’explique David Servan Schreiber dans son livre “Guérir” :

Nous faisons tous l’expérience de traumatismes “avec un petit t” tout au long de notre vie. Pourtant nous ne développons pas, le plus souvent de syndrome post-traumatique. Tout comme le système digestif tire ce qui est utile et nécessaire pour l’organisme de la nourriture et rejette le reste, le système nerveux extrait l’information utile -“la leçon”- et se débarrasse en quelques jours des émotions, des pensées et de l’activation physiologique qui ne sont plus nécessaires une fois l’événement passé. […]

Toutefois, dans certaines circonstances, ce système peut être submergé. […]

Que ce soit en raison de l’intensité du traumatisme ou de la situation de fragilité de la victime, un événement douloureux devient alors “traumatisant” au sens propre du terme Les images, les pensées, les sons, les odeurs, les émotions, les sensations corporelles et les convictions que l’on en a tirées sur soi (“Je ne peux rien faire, je vais être abandonné”) sont alors stockés dans un réseau de neurones qui mène sa propre vie. Ancré dans le cerveau émotionnel, déconnecté des connaissances rationnelles, ce réseau devient un paquet d’information non traitée et dysfonctionnelle que le moindre rappel du traumatisme initial suffit à réactiver.

Il ne s’agit pas d’effacer les souvenirs du traumatisme, − ce qui paraît impossible et ne semble pas souhaitable − mais de réduire l’impact émotionnel négatif qui reste associé à cet événement.

L’EMDR en pratique :

La première étape consiste à établir un rapport de confiance, un état de ressources positif, auquel le sujet pourra revenir à tout moment en cours de traitement.

Après quelques explications sur la technique, on demande au sujet de se remémorer précisément la scène qui lui revient à l’esprit le plus souvent, ou celle chargée de la plus forte émotion. Il est alors demandé au sujet de s’associer à cette scène, c’est-à-dire de la revivre en percevant à nouveau tout les stimulus visuel, auditifs, kinesthésiques, olfactifs tels qu’il les a vécus lors de l’événement.

Le sujet va ensuite évaluer sur une échelle analogique le degré d’émotion ressenti lorsqu’il revit mentalement cette scène.

Une fois le sujet associé à cette scène, on lui demande de suivre des yeux le doigt de l’intervenant qui le guide dans des mouvements horizontaux puis en diagonale. La phase de déplacement des yeux dure au total environ 60 secondes.

À la fin de la séquence de mouvements oculaires, il est demandé au sujet d’évaluer à nouveau, de façon analogique, son émotion à l’évocation de cette scène. Le même processus sera recommencé tant que le niveau émotionnel n’aura pas diminué de façon très significative.

Très souvent, lors des mouvements oculaires, d’autres souvenirs relatifs à l’événement traumatisant parviennent à la mémoire du sujet. Il faudra alors les prendre en compte et les traiter de la même manière avec les mouvements oculaires.

Le programme thérapeutique prend en compte également les émotions négatives qui auront pu apparaître secondairement (culpabilité, honte, colère, etc.).

 

De très nombreuses études font état de l’efficacité de cette méthode de prise en charge (Tarquinio, 2007). Son usage n’est plus réservé aujourd’hui qu’aux seuls traitements de l’Effet de Stress Post-Traumatique, mais est appliqué également avec succès à des états anxieux liés à un événement contextualisé (deuil, situations conflictuelles, phobies).

Quelques livres pour en savoir plus :

 

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